LE RETOUR DES CAMELOTS DU JOURNAL DE RUE

C’EST APRÈS TROIS MOIS D’ARRÊT, PROVOQUÉ PAR LA CRISE DE LA COVID-19, QUE LES CAMELOTS DU JOURNAL DE RUE ONT PU REPRENDRE LE TRAVAIL. UNE REPRISE LENTE, MAIS PRUDENTE, FAITE DANS LE PLUS GRAND RESPECT DES NORMES DE LA SANTÉ PUBLIQUE.

Pour plusieurs camelots, la solitude est grande et elle a été exacerbée par le confinement, car ils et elles sont peu réseautés, vivent dans de petits logements, etc. Pour ces personnes qui souffrent de pauvreté, le revenu rapporté par la vente du journal leur permet de répondre à des besoins essentiels. Ces 12 semaines d’arrêt ont donc été difficiles pour les camelots et la reprise des activités leur permet de retrouver un contact humain en plus du revenu qui les aide à faire leur épicerie ou à payer leur logement.

Des mesures sanitaires strictes

D’abord, prérequis absolu : le retour se fait sur une base volontaire. Chaque camelot a reçu une séance de formation préparatoire quant aux mesures de santé publique et un kit personnel de matériel sanitaire (visière, désinfectant, paniers pour une manipulation minimale des journaux, petite caisse pour le paiement sans contact) afin d’assurer leur sécurité et celle de notre clientèle.

De plus, des kiosques ont été aménagés de manière à respecter la distanciation physique en tout temps.

Ils et elles ont besoin de vous !

Durant tout ce temps de confinement, aucune mesure d’aide d’urgence du gouvernement n’était disponible pour les camelots : travailleurs et travailleuses autonomes, ils et elles gagnent moins de 5000$ par an avec le revenu d’appoint proposé par le Journal de rue, donc impossible de souscrire au chômage ou à la PCU. Ainsi, leur situation est restée très précaire et la vente de journaux importe plus que jamais.

Sur le terrain

La reprise des activités s’est faite tranquillement et avec deux points de vente : le Marché de la gare et le Maxi Grandes-Fourches. Les deux camelots qui ont recommencé la vente de journaux dès le départ, Lucie et Louise, nous ont fait part de la façon dont elles ont vécu ce retour. « Je travaille plus qu’avant, dit Lucie, car le besoin de briser ma solitude et de m’occuper est plus grand ». Louise, de son côté, nous dit que le retour s’est bien passé : « J’étais contente de recommencer, de voir le monde, j’en avais besoin ».  Les aspects qu’elles trouvent le plus difficile avec le fait de reprendre les activités en situation de crise sanitaire, pour Louise, c’est le fait de n’avoir accès qu’à deux points de vente : « C’est plate, on fait moins d’argent depuis qu’on a [juste] deux spots ». Lucie, quant à elle, mentionne que se sentir ignorée lui est difficile tout comme l’incompréhension par rapport à ce qu’elle vit : « Les gens ne comprennent pas toujours les enjeux de la pauvreté, c’est frustrant. » Finalement, Lucie affirme se sentir mieux depuis la reprise des activités : « Ça me distrait. J’aime ça, ça brise ma solitude. » De son côté Louise dit se sentir bien : « J’espère que la vente de journaux pourra continuer, c’est avec ça que je m’en sors. » Elle espère aussi que d’autres points de vente s’ajoutent, ce qui bénéficierait à l’ensemble des camelots.

Cet automne

Maintenant, près de la moitié des camelots ont repris du service, mais pour les revoir tous il faudra attendre encore quelque temps. Certains ont la santé fragile et préfèrent s’abstenir tant que la crise ne soit pas terminée, d’autres sont à l’extérieur pour prendre soin de leurs proches. De retour ou non au travail, l’équipe du Journal reste en contact avec ses camelots et leur offre un soutien moral. Des dons sont aussi amassés pour combler les besoins de base qu’ils et elles ont l’habitude d’assumer avec le revenu de la vente de journaux. Grâce à la générosité de la population de Sherbrooke, des cartes cadeaux d’épicerie leur sont offertes. Pour connaître les plus récentes nouvelles et l’horaire hebdomadaire des camelots, visitez la page Facebook Journal de rue Estrie. Vous avez les moyens de contribuer au mieux-être des camelots ? Au http://blogderue.ca/, on vous indique comment faire un don en ligne ou par chèque. Même modeste, chaque geste compte.

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